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  • JOURNAL OF FUNCTIONAL VENTILATION AND PULMONOLOGY - SLEEP [Journal de la Fonction Ventilatoire et de Pneumologie - Sommeil]

    Last Updated: 12/09/2026
    Factors Associated with Mortality in Patients Hospitalized for Acute Respiratory Failure [Facteurs Associés à la Mortalité chez les Patients Hospitalisés pour une Insuffisance Respiratoire Aiguë]

    Factors Associated with Mortality in Patients Hospitalized for Acute Respiratory Failure

    Facteurs Associés à la Mortalité chez les Patients Hospitalisés pour une Insuffisance Respiratoire Aiguë

    Dembele, HY. Kpi, Y. Toh Bi, H. Die Bi, NJ. Soumahhoro, ON. Keita, L. Yeo, JC. Anon, V. Achi

    Service de Pneumologie Centre Hospitalier Universitaire de Bouaké, Université Alassane Ouattara Bouaké 

    Corresponding author:  DEMBELE Rokiatou. Service de Pneumologie Centre Hospitalier Universitaire de Bouaké

    E-mail: dembelerokiatou33@yahoo.com

    DOI: 10.12699/jfvpulm.17.54.2026.06

    ABSTRACT

    Introduction. Acute respiratory failure (ARF) is a common respiratory emergency associated with high in-hospital mortality. Its prognosis depends on numerous factors related to the patient’s underlying condition, initial severity, and etiology. The objective of this study was to identify factors associated with mortality in patients hospitalized for ARF in the pulmonology department of the Bouaké University Hospital.

    Methods. This was a retrospective, analytical study conducted in the pulmonology department of the Bouaké University Hospital over an 18-month period from January 2025 to June 2026. The study included patients over the age of 15 who were hospitalized for ARF. Sociodemographic, clinical, laboratory, radiological, etiological, therapeutic, and clinical course characteristics were examined. Factors associated with mortality were identified using bivariate and multivariate logistic regression analysis. The significance level was set at 5%.                  

    Results. A total of 220 patients were included. The prevalence of ARF was 45.1%, with an in-hospital mortality rate of 27.3%. Males accounted for 70.9% of the cohort, with a mean age of 51.2 ± 19.3 years. In bivariate analysis, hypertension, diabetes, a qSOFA score ≥ 2, a time to presentation ≥ 15 days, elevated serum creatinine and CRP levels, alveolar-interstitial syndrome, and bilateral radiographic findings were significantly associated with death. Pulmonary embolism and pleuropulmonary neoplasms were significantly more common in patients who died. After adjustment, hypertension (ORa = 14.28; 95% CI: 2.31–88.43; p = 0.004) and pulmonary embolism (ORa = 7.40; 95% CI: 1.48–36.94; p = 0.015) remained independently associated with mortality.

    Conclusion. In-hospital mortality from ARF was high in our study. Several clinical, laboratory, radiological, and etiological factors were associated with death. After adjustment, hypertension and pulmonary embolism were the main factors independently associated with mortality. Their early identification could help improve risk stratification and the management of patients hospitalized for acute respiratory failure.

    KEYWORDS: Acute respiratory failure; Mortality; Hypertension; Pulmonary embolism; Bouaké.

     RÉSUMÉ

    Introduction. L’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) est une urgence respiratoire fréquente associée à une mortalité hospitalière élevée. Son pronostic dépend de nombreux facteurs qui sont liés au terrain, à la gravité initiale et à l’étiologie. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs associés à la mortalité chez les patients hospitalisés pour une IRA dans le service de pneumologie du Centre Hospitalier Universitaire  de Bouaké.

    Méthodes. Il s’est agi d’une étude rétrospective et analytique réalisée dans le service de pneumologie du Centre Hospitalier Universitaire  de Bouaké, sur une période de 18 mois de  janvier 2025 à juin 2026. Ont été inclus, les patients âgés de plus de 15 ans hospitalisés pour une IRA. Les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, biologiques, radiologiques, étiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été étudiées. Les facteurs associés à la mortalité ont été recherchés par analyse bivariée et multivariée par régression logistique. Le seuil de significativité était fixé à 5 %.

    Résultats. Au total, 220 patients ont été inclus. La prévalence de l’IRA était de 45,1% avec une mortalité de 27,3%. On notait une prédominance masculine de 70,9% avec un âge moyen de 51,2 ± 19,3 ans. En analyse bivariée, l’HTA, le diabète, un score qSOFA ≥ 2, un délai de consultation ≥ 15 jours, l’élévation de la créatininémie et de la CRP, le syndrome alvéolo-interstitiel et les lésions radiologiques bilatérales étaient significativement associés au décès. L’embolie pulmonaire et les néoplasies pleuropulmonaires étaient significativement plus fréquentes chez les patients décédés. Après ajustement, l’HTA (ORa =14,28 ; IC95% : 2,31–88,43 ; p=0,004) et l’embolie pulmonaire (ORa=7,40 ; IC95% :1,48–36,94 ; p=0,015) demeuraient indépendamment associées à la mortalité.

    Conclusion. La mortalité hospitalière de l’IRA était élevée dans notre étude. Plusieurs facteurs cliniques, biologiques, radiologiques et étiologiques étaient associés au décès. Après ajustement, l’HTA et l’embolie pulmonaire constituaient les principaux facteurs indépendamment associés à la mortalité. Leur identification précoce pourrait contribuer à améliorer la stratification du risque et la prise en charge des patients hospitalisés pour une insuffisance respiratoire aiguë.

    MOTS CLÉS: Insuffisance respiratoire aiguë; Mortalité; Hypertension artérielle; Embolie pulmonaire; Bouaké.

    INTRODUCTION

    L’insuffisance respiratoire aigüe (IRA) constitue l’un des motifs d’admission les plus fréquents en unité de soins intensifs [1-2]. Définie par l'incapacité brutale du système respiratoire à assurer une hématose normale, elle engendre une hypoxémie sévère parfois associée à une hypercapnie. Malgré les progrès majeurs réalisés dans les techniques de ventilation invasives ou non invasives et les soins intensifs, la mortalité demeure élevée chez les patients hospitalisés pour cette affection [3-4]. La mortalité globale fluctue entre 20 % et 50 % selon la gravité clinique, l'étiologie sous-jacente comme le Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë (SDRA), et le niveau de soins requis [1,4].

    Le pronostic de l’IRA dépend de multiples facteurs. D’une part, les caractéristiques intrinsèques du patient (âge avancé, comorbidités) qui altèrent considérablement les capacités de réserve fonctionnelle. D’autre part la sévérité initiale de l’épisode marquée par l’importance des défaillances viscérales évaluées par le score qSOFA [5] et le degré de l’atteinte alvéolaire. Bien que de nombreux indicateurs pronostiques soient identifiés [1,6-7], ils peuvent varier d’un contexte de soins à un autre, en fonction des critères d’admission locaux, des ressources disponibles et des pratiques cliniques spécifiques à chaque établissement [8]. La connaissance précoce du profil des patients à haut risque de décès représente un enjeu clinique majeur pour optimiser le triage, personnaliser les stratégies thérapeutiques et allouer efficacement les ressources hospitalières souvent limitées. L’objectif de notre étude était  d’identifier les facteurs prédictifs associés à la mortalité chez les patients hospitalisés pour une insuffisance respiratoire aiguë au sein de notre service.  

    MATERIEL ET METHODES

    Type, période, population d’étude

    Nous avons effectué une étude rétrospective à visée descriptive et analytique réalisée dans le service de pneumologie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bouaké, sur une période de 18 mois allant de janvier 2025 à juin 2026. Nous avons analysé les dossiers médicaux des patients hospitalisés pour une insuffisance respiratoire aiguë (IRA) durant la période d’étude.

    Le service de Pneumologie assure la prise en charge des affections respiratoires aiguës et chroniques de l’adulte. Il constitue un service de référence accueillant les patients provenant de Bouaké et des structures sanitaires du Centre jusqu’au Nord de la Côte d’Ivoire. 

    En l’absence de la gazométrie artérielle systématique dans notre contexte d’exercice, le diagnostic de l’IRA a été retenu sur des critères cliniques rigoureux associant:

    • Une détresse respiratoire définie par une fréquence respiratoire supérieure ou égale à 22 cycles par minute au repos.
    • Une hypoxémie objectivée par une saturation pulsée en oxygène (SpO2) inférieure à 92% en air ambiant

    Nous avons inclus, tous les dossiers des patients âgés de plus de 15 ans, quel que soit le sexe, hospitalisés pour IRA. Les dossiers incomplets n’ont pas été retenus. Les données ont été recueillies à l’aide d’une fiche d’enquête standardisée et anonyme, élaborée à partir des dossiers d’hospitalisation. Les variables étudiées comprenaient :

    • Les données démographiques: l’âge, le sexe ;
    • Les données cliniques: les comorbidités, la fréquence respiratoire (FR), saturation en oxygène(SpO2), la pression artérielle systolique, le score qSOFA, délai de consultation;  Les données radiologiques: lésions bilatérales, types de lésions
    • Les données biologiques: le taux d’hémoglobine, la numération leucocytaire, la créatininémie, la protéine C-réactive (CRP) et la glycémie;
    • Les principales étiologies: la pneumopathie bactérienne, la tuberculose pulmonaire, les bronchopathies chroniques, l’embolie pulmonaire;
    • Les données thérapeutiques: les modalités de l’oxygénothérapie;
    • Les données évolutives: la durée d’hospitalisation, le devenir hospitalier (survie ou décès).

    L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel Epi info7.2. Les variables qualitatives ont été  exprimées en effectifs et en pourcentages et comparées par le test de  Chi 2 (C²) de Pearson ou le test exact de Fisher. Les variables quantitatives exprimées en moyennes et écarts-types, ont été comparées à l’aide du test de Student . Les variables présentant une valeur de p< 0,20 en analyse bivariée ont été introduites dans un modèle de régression logistique multivariée afin d’identifier les facteurs associés indépendamment à la mortalité. Le seuil de significativité statistique a été fixé à p<0,05.

    Considérations éthiques

    L’anonymat et la confidentialité des données ont été rigoureusement garantis tout au long du traitement des dossiers, conformément aux règles d’éthique et de déontologie médicale.

    RESULTATS

    La prévalence de l’IRA était de 45,1%, avec une mortalité hospitalière de 27,3% (Figure 1).

    Caractéristiques socio-démographiques et comorbidités. L’âge moyen était de 51,2 ± 19,3 ans. Le sexe masculin représentait 70,9%, avec un sex-ratio (H/F) de 2,4. L’âge moyen et la répartition selon le sexe ne différaient pas significativement entre les survivants et les décédés (p > 0,05) (Tableau 1).

    Concernant les comorbidités, l’hypertension artérielle(HTA) et le diabète étaient significativement plus fréquents chez les patients décédés que chez les survivants (23,3% vs 2,5% p<0,001 et 16,7% vs 5%, p=0,007; respectivement).

    La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) était plus fréquemment retrouvée chez les survivants (13,8% vs 3,3%, p=0,031). Nous n’avons pas trouvé de différence significative dans les deux groupes en ce qui concerne le tabagisme, les antécédents de tuberculose, l’infection par le VIH et l’asthme (Tableau 1).

    Sur le plan clinique, la proportion de patients ayant un score qSOFA ≥ 2 était significativement plus élevée chez les patients décédés que chez les survivants (23,3% vs 5%, p<0,001). Les proportions des patients ayant une FR ≥ 30 cycles/min (68,8 % vs 73,3 % ; p=0,509) et une SpO₂ ≤ 90% (61,3 % vs 56,7 % ; p= 0,536) ne différaient pas significativement dans les deux groupes. Un délai de consultation ≥ 15 jours était significativement plus fréquent chez les patients décédés que chez les survivants (68,35% vs 47,5% ;p=0,006) (Tableau 1). 

    Sur le plan biologique, les patients décédés présentaient un taux de créatininémie significativement plus élevé que chez les survivants (24,3 ± 26,0 mg/L vs 11,6 ± 3,0 mg/L, p< 0,001. De même, la protéine C-réactive (CRP) était significativement plus élevée chez les patients décédés (94,0 ± 56,0 mg/L vs, 71,2 ± 37,9 mg/L, p=0,005). Aucune différence significative n’a été observée pour le taux d’hémoglobine, de leucocytes et de glycémie (Tableau 1).

    Sur le plan radiologique, le syndrome alvéolo-interstitiel (26,7 % vs 6,3% ; p<0,001) et les lésions radiologiques bilatérales (63,3 % vs 8,8% ;p<0,001) étaient significativement plus fréquents chez les patients décédés. Aucune différence significative n’était observée concernant le syndrome alvéolaire, le syndrome interstitiel et la pleurésie (Tableau 1).

    Étiologies, prise en charge et évolution

    Sur le plan étiologique, les pneumopathies aiguës bactériennes (PAB) et leurs complications constituaient la principale cause de l’IRA (51,8%), mais étaient significativement plus fréquentes chez les survivants (58,8% vs 33,3%, p=0,001). A l’inverse, l’embolie pulmonaire (26,7% vs 3,8% ; p < 0,001) et les néoplasies

    pleuropulmonaires (23,3% vs 7,5%; p=0,002) prédominaient de façon significative dans le groupe des patients décédés. Quant aux modalités de l’oxygénothérapie, le recours au masque à haute concentration était nettement plus fréquent chez les patients décédés (26,7% vs 6,3%, p<0,001). La durée moyenne d’hospitalisation était significativement plus courte chez les patients décédés (3,5 ± 2,3 jours vs 7,5 ± 6,9 jours, p<0,001) (Tableau 2).

    Facteurs indépendamment associés à la mortalité

    En analyse multivariée après régression logistique, l’HTA et l’embolie pulmonaire demeuraient significativement associées à la mortalité hospitalière (OR ajusté =14,28 [2,31–88,43], p=0,004; OR ajusté 7,40 [1,48–36,94], p=0,015 respectivement).

    Les néoplasies pleuropulmonaires montraient une tendance à l’association sans atteindre le seuil de significativité (ORa = 3,31 ; IC95 % [0,87–12,56] ; p = 0,079).

    Les autres facteurs (âge, diabète, le qSOFA ≥ 2)

    n’étaient pas significativement associés au décès (p>0,05) (Tableau 3). 

    DISCUSSION

    Limites de l’étude

    Notre étude comporte certaines limites. Son caractère rétrospectif a conduit à l’exclusion de certains dossiers en raison de données incomplètes pouvant modifier le profil de la population étudiée. Par ailleurs la taille relativement limitée de l’échantillon et le caractère monocentrique de l’étude restreignent la généralisation de nos résultats.

     La mortalité hospitalière de l’IRA était de 27,3% dans notre étude. Elle était proche de celle rapportée par Kwizera et al en Ouganda qui était de 30% [6]. Chang et al rapportaient, quant à eux, une mortalité de 22% [7]. Cependant, notre taux était inférieur à celui rapporté dans l’étude internationale LUNG SAVE dans laquelle la mortalité hospitalière du syndrome de détresse respiratoire variait de 34,9% à 46,1% selon le degré de sévérité [1]. Ces différents résultats montraient que le taux de mortalité des patients ayant une IRA demeurait élevé, et ce taux est variable à cause de l’hétérogénéité des populations étudiées, des étiologies et des niveaux de gravité, ainsi qu’à cause des  différences de ressources et de modalités de prise en charge. En analysant les caractéristiques sociodémographiques dont l’âge et le sexe, ils n’étaient pas significativement associées à la mortalité dans notre travail. L’âge et le sexe ne constituaient pas des facteurs déterminants de mortalité. Cependant d’auteurs avaient trouvé une association entre l’âge élevé et la mortalité chez des patients pris en charge une IRA [9-10]. L’absence d’association dans notre série pourrait être liée à la taille limitée de notre échantillon. Concernant les tares et/ou les comorbidités, l’HTA et le diabète étaient significativement associés à la mortalité. Toutefois après  ajustement seule l’HTA demeurait indépendamment associée au décès tandis que l’association avec le diabète disparaissait. Nos résultats rejoignaient ceux de Khatib et al [9-10], chez qui le diabète n’était pas associé à la mortalité après analyse multivariée. De même Boyle et al [11], dans une importante cohorte de patients admis en réanimation pour insuffisance respiratoire, ne retrouvaient pas de différence de mortalité entre patients diabétiques et non diabétiques.  Ces résultats montraient que le rôle pronostique du diabète au cours de l’IRA reste controversé. Le diabète pourrait refléter un terrain de vulnérabilité qu’un facteur pronostique indépendant de mortalité. Néanmoins, les données plus récentes suggéraient une influence défavorable du diabète et de l’HTA sur la mortalité au cours de l’IRA [12]. Sur le plan clinique, la tachypnée (FR ≥ 30 cycles par minute) et l’hypoxémie (Sa02<90%) sévères étaient fréquemment observées dans les 2 groupes, sans différence statistiquement significative (p>0,05). Schjørring et al [13] qui, dans un essai multicentrique randomisé incluant des patients présentant une insuffisance respiratoire hypoxémique aiguë, n’avaient pas non plus observé de différence significative de mortalité selon que les patients étaient pris en charge avec une cible d’oxygénation basse ou élevée. Ce qui signifiait que le pronostic de l’IRA dépend de la gravité initiale dû à un retard de consultation dans les pays subsahariens [14]. Ce retard de consultation a été retrouvé dans notre étude avec un délai de consultation ≥ 15 jours chez la plupart des patients décédés. Le qSOFA, fondé sur l’altération de l’état neurologique, la fréquence respiratoire et la pression artérielle systolique permet d’identifier rapidement les patients présentant une défaillance d’organe et un risque élevé d’évolution défavorable. Dans notre étude, un score qSOFA ≥ 2 était significativement associé à la mortalité, en accord avec les données de la littérature [15-16]. Cependant, cette association disparaissait après ajustement multivarié. Ces résultats montraient qu’un état clinique sévère à l’admission est associé à un risque accru de décès chez les patients hospitalisés pour une IRA. Au plan biologique, la créatininémie était significativement plus élevée chez les patients décédés. Cette élévation traduisait la présence d’une dysfonction rénale associée à l’insuffisance respiratoire aiguë, témoignant d’une atteinte multiviscérale et d’une plus grande sévérité de l’état clinique. En effet l’insuffisance rénale aiguë est fréquemment associée aux formes sévères de détresse respiratoire et constitue un facteur de mauvais pronostic, notamment lorsqu’elle s’intègre dans un contexte de défaillance multiviscérale [17].  La CRP était également associée à la mortalité en rapport avec une réponse inflammatoire plus importante. Cependant, Bajwa et al [18] avaient rapporté une association entre les valeur de CRP élevées et une meilleure survie au cours du syndrome de détresse respiratoire aiguë. Ces divergences avec nos résultats, étaient en rapport avec l’hétérogénéité des étiologies, la sévérité des patients et du caractère peu  spécifique de la CRP.Sur le plan radiologique, le syndrome alvéolo-interstitiel et les lésions radiologiques bilatérales étaient significativement plus fréquents chez les patients décédés.  Cette fréquence élevée des lésions bilatérales chez les patients décédés reflétaient d’une atteinte pulmonaire plus étendue et plus sévère, susceptible d’altérer davantage les échanges gazeux. Ces observations concordaient avec les données sur le syndrome de détresse respiratoire aiguë, qui est une forme de IRA hypoxémique, où l’atteinte pulmonaire bilatérale caractérise l’aggravation de l’insuffisance respiratoire avec une augmentation de la mortalité [1,19].

    Les pneumopathies aiguës bactériennes et leur complications étaient la principale étiologie de l’IRA mais elles étaient significativement plus fréquentes chez les survivants. La prédominance des causes infectieuses dans notre série s’inscrit dans le contexte des pays à ressources limitées [7] où les infections respiratoires occupent une place importante parmi les affections responsables de détresse  respiratoire aiguë. Toutefois la moindre proportion de PAB parmi les décès pourrait refléter une meilleure réversibilité de cette étiologie lorsqu’un traitement adapté est instauré. Contrairement à certaines causes d’IRA observées dans notre étude comme l’embolie pulmonaire et les affections néoplasiques pleuropulmonaires qui étaient significativement plus fréquentes chez les patients décédés (p < 0, 05). Ces affections étaient associées à une gravité initiale importante ou à des possibilités thérapeutiques plus limitées. Après ajustement multivariée l’embolie pulmonaire était un facteur indépendant associé au décès.

    Concernant les modalités de l’oxygénothérapie, le recours au masque à haute concentration était significativement plus fréquent chez les patients décédé. Cette observation ne signifiait pas que le type d’oxygénothérapie influençait directement la mortalité mais traduisait plutôt la gravité de l’hypoxémie. Les patients nécessitant un masque à haute concentration présentaient vraisemblablement une insuffisance respiratoire sévère, justifiant un apport élevé en oxygène. Cette interprétation était cohérente avec les recommandations internationales de l’European Respiratory Society(ERS) et de l’American Thoracic Society(ATS) qui ont recommandé d’adapter le dispositif d’oxygénothérapie à la sévérité de l’hypoxémie [20]. Par contre, l’essai multicentrique de Schjørring et al [13] n’a pas montré de différence significative de mortalité entre les stratégies d’oxygénation plus ou moins libérales chez les patients atteints d’insuffisance respiratoire hypoxémique aiguë. Ce qui suggérait que le pronostic dépendait davantage de la gravité de la maladie sous-jacente que du dispositif d’oxygénothérapie utilisé.  Dans notre série, la durée moyenne d’hospitalisation était significativement plus courte chez les patients décédés. Bellani et al [1] rapportait une mortalité précoce chez les patients présentant les formes plus sévères de détresse respiratoire aiguë, ce qui reflétait une évolution rapide de cette pathologie et une gravité initiale importante.

    CONCLUSION

    Les facteurs associés au décès au cours de l’insuffisance respiratoire aiguë etaient:  l’hypertension artérielle, le diabète, le score qSOFA ≥ 2, le délai de consultation, la créatininémie élevée, la protéine C-réactive élevée, l’atteinte radiologique bilatérale, l’embolie pulmonaire et les néoplasies pleuro-pulmonaires.

    Toutefois, après ajustement sur les autres variables seule l’embolie pulmonaire et l’HTA étaient des facteurs indépendants de mortalité.

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    TABLE - FIGURES

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    ARTICLE INFO  DOI: 10.12699/jfvpulm.17.54.2026.06

    Conflict of Interest
    Non   

    Date of manuscript receiving
    20/06/2026  

    Date of publication after correction
    12/09/2026

    Article citation

    Dembele, HY. Kpi, Y. Toh Bi, H. Die Bi, NJ. Soumahhoro, ON. Keita, L. Yeo, JC. Anon, V. Achi. Factors Associated with Mortality in Patients Hospitalized for Acute Respiratory Failure. J Func Vent Pulm  2026;54(17):6-11